Club Foveon #11 – Guillaume Wilmin

26. janvier 2017 Club Foveon 1
Club Foveon #11 – Guillaume Wilmin

Photographe touche à tout, Guillaume wilmin explore compulsivement aussi bien les ouvrages de sa bibliothèque, en quête d’inspiration,  que ses boîtiers dont il n’hésite pas à maltraiter les fichiers pour ajouter du bruit ou tordre les courbes et ainsi obtenir le rendu qu’il souhaite. Sans cesse en quête d’expérimentation, c’est dans la ville de Barwon Heads, qu’il a arpenté cet été avec un compact expert SIGMA dp2 Quattro, qu’il nous emmène aujourd’hui. Un brillant hommage à la photographie argentique et aux coloristes du vingtième siècle qu’il admire.


Bonjour Guillaume, pour commencer peux-tu te présenter rapidement auprès de nos lecteurs ?

J’ai 32 ans je fais de la photographie depuis sept ans et je suis tombé amoureux du capteur Foveon il y cinq ans avec le DP2 Merrill. Car oui j’entretiens une romance avec cette technologie !

Je suis un technicien avant d’être un photographe et j’aime « copier » le style des photographes qui m’inspirent. Cette démarche peut paraître cavalière, mais je l’assume et je sais que je suis toujours loin du modèle. Je suis passionné de photographie de reportage depuis mon voyage au Liban, il y a 6 ans.

Dans quel cadre les images que tu nous présentes aujourd’hui ont-t-elles été réalisées ?

J’ai parcouru pendant un mois l’Australie en commençant par Sydney puis Barwons head, Alice Springs puis Perth, le but final de ce voyage était ma rencontre avec les Aborigènes du peuple Aranda du nord de l’Australie dans, la petite ville désertique d’Hermannsburg.

Pour la série réalisé à Barwons Head je me suis inspiré des images du travail de Eggleston plus précisément sa série 2 1/4, car j’ai retrouvé ce mystère dans la banalité du quotidien de cette petite ville portuaire du sud de l’Australie.

Tes images font la part belle à un grain très sec, presque argentique et une esthétique qu’on ne connait plus en numérique. Ce grain a vraisemblablement été ajouté en post production. Pourquoi ce choix ?
Le grain est effectivement ajouté en post-prod via Lightroom. Je suis un grand fan des Presets de VSCO ( Kodak Max 800 est mon préféré ) car leur rendu reproduit fidèlement les émulsions argentique. J’ai découvert la photographie avec l’argentique, néanmoins j’ai commencé à la pratiquer avec le numérique.

L’argentique a une poésie qu’aucune autre technologie numérique ne sait reproduire, il est vrai qu’insuffler de la poésie dans ces images est très compliqué alors je m’y attache en second plan via le post-traitement.

On retrouve également des blancs laiteux, un rendu archi saturé et des ombres presque poisseuses qui rappellent certaines pellicules C41 grand public. Trouves-tu les images numériques trop propres ?
Les images numériques sont trop lisses pour moi sans relief, sans vie, le grain donne cette illusion qu’on peut les caresser et il vrai que je puise mon inspiration dans les grands photographes argentiques.

Quels sont les photographes couleurs qui t’ont le plus influencé ?

Le tout premier fut Alex Webb qui pour moi est le maître de la couleur avec William Eggleston ainsi que Ernst Haas pour ne citer qu’eux.

On se rend compte rapidement en passant un peu de temps sur ta page Facebook que tu aimes le matériel et que tu as l’occasion d’utiliser beaucoup de boîtiers différents. Dans quelles conditions privilégies-tu le capteur Foveon ?
Si je pouvais utiliser la technologie Foveon, je le ferai tout le temps mais la limitation de la sensibilité en reportage est parfois compliquée essentiellement la nuit car le transport d’un trépied est compliqué parfois si les conditions lumineuses sont changeantes néanmoins pour moi cela n’a jamais été un problème au contraire les capteurs Foveon m’ont appris à chasser la lumière, ce qui était une limitation est devenu un avantage, je travaille toujours avec A7R II et dp2 Quattro ou X-Pro 2 et DP2 Merrill.

Je suis très sensible à l’influence que peut avoir la technologie sur l’esthétisme de mon image, voila pourquoi le capteur Foveon a une place prédominante dans mon travail photographique.

Merci à Guillaume de s’être prêté à l’exercice de l’interview et d’avoir travaillé avec nous sur cet editing de ses travaux australiens à l’occasion de ce Club Foveon.

Plus d’informations sur le boîtier dp2 Quattro utilisé ici sur la page dédiée au boîtiers Foveon de notre site.

Guillaume quant à lui peut être suivi sur son site, sa page Facebook et Instagram.


1 thought on “Club Foveon #11 – Guillaume Wilmin”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *