CLUB FOVEON # 4 | Philippe DURUISSEAU

10. décembre 2014 Club Foveon 0
CLUB FOVEON # 4 | Philippe DURUISSEAU

Déjà le 4ème numéro de notre série « Club Foveon ». Ce nouveau rendez-vous, initié en septembre dernier vous permet de découvrir chaque mois un photographe ayant fait le choix de la technologie Foveon pour réaliser ses travaux photographiques. Aujourd’hui, c’est la photographie urbaine de Philippe DURUISSEAU que nous mettons à l’honneur. Il a bien voulu se plier à l’exercice de l’interview afin de nous en dire plus sur la réalisation de ses images, tout en réflexion.

 


// Bonjour Philippe. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter auprès de nos lecteurs ?

Bonjour, pour commencer un grand merci pour l’intérêt que vous portez à mon travail ! J’ai 50 ans et j’habite Orléans. Pour la petite histoire, c’est mon père qui m’a appris la photo dans les années 70, il me confiait parfois son précieux réflex EXA500 ouverture réglée et me disait deux choses: “sujet immobile 1/60, sujet qui bouge 1/250”… Ensuite nous allions développer. Voir apparaître l’image dans le bain de révélateur, magique pour un môme d’une dizaine d’année ! J’ai attrapé le virus et je l’ai gardé. J’ai continué à développer mes photos N&B jusqu’au début des années 90, puis le tourbillon de la vie … Ce sympathique virus s’est rappelé à moi il y a environ deux ans, et le monde avait bien changé: le numérique ! Tout réapprendre, voire tout apprendre avec toutes les maladresses d’un débutant mais… “Sujet immobile 1/60, sujet qui bouge 1/250″… Et le plaisir de pouvoir à nouveau développer en N&B.

// Pouvez-vous nous expliquer votre démarche et la façon dont vous procédez pour capturer ces images ? Nous imaginons que vous devez avoir toujours votre boîtier sur vous ?

Contrairement à ce que l’on peut imaginer pour de la photo de rue, je n’ai pas toujours mon appareil sur moi, mais comme j’habite en centre-ville je fais du repérage puis j’y retourne. En général, je me poste devant la vitrine, je cadre en me plaçant correctement pour avoir le reflet du photographe. Si je veux une interaction avec les passants derrière moi, j’appuie à mi-course sur le déclencheur pour la mise au point et j’attends un coup de chance. Je ne fais qu’une ou deux prises les gens finissent par s’arrêter en se demandant à quoi je peux bien jouer…

// Comment avez-vous découvert le capteur Foveon et pourquoi avoir choisi cette technologie ?

J’ai découvert ce capteur tout à fait par hasard sur un forum consacré à la photo. J’étais interloqué par le piqué, la qualité, et « l’effet 3D » des images N&B postées par un des membres. Après quelques recherches, et étant physicien, j’ai compris que la technologie Fovéon était totalement différente des capteurs Bayer, et qu’elle se rapprochait des multicouches chimiques des films argentique. Il me fallait ce capteur ! Ce fut chose faite avec l’acquisition du SD15. D’autre part, je ne travaille qu’en mode manuel et le SD15 est parfait pour cela, rien de superflu, inutile de lire la notice c’est un appareil photo !

// Avez-vous essayé de travailler avec les compacts SIGMA, plus pratique à emporter au quotidien ou bien le reflex est indispensable à votre pratique ?

Je n’ai pas eu l’occasion d’essayer les compacts SIGMA, mais travailler sans viseur me fait peur, ce n’est pas du tout dans mes habitudes… Il est tout à fait vrai qu’un boîtier compact serait plus pratique, et je pourrais l’avoir en permanence avec moi. Il faut que j’essaie, mais pas facile de se faire prêter un DP pour quelques jours dans ma petite ville…

// Il y a vraisemblablement une volonté d’organiser le chaos, dont vous êtes un personnage à part entière, dans cette série et il est amusant pour le lecteur de vous rechercher dans le cadre. Y-a-t-il une volonté de brouiller les sens avec ces images tout en réflexions ?

Ce n’est pas forcément une volonté de chaos. En ville, nous avons toujours l’impression que les personnages sur les affiches ou dans les vitrines nous regardent, c’est volontaire de la part des publicitaires, décorateurs, ou commerçants qui cherchent à interpeller, à attirer par un regard. Mon but est de rendre « vivants” ces personnages et objets en les faisant interagir avec les passants et/ou le photographe. Une volonté de brouiller les pistes : oui, pour celui qui regarde l’image tout semble se mélanger, qui est vivant, qui ne l’est pas ? Qui est dehors, qui est dedans ?
Il ne s’agit pas véritablement d’autoportraits, derrière le viseur je ne suis pas reconnaissable, mais le photographe fait partie de la « trilogie interactive » mannequins, passants, photographe.

// Socialement, cette série est également un formidable témoignage de l’évolution de notre société par l’état de la mode qu’elle dresse à un instant T, ou l’actualité qui s’y trouve figée. Le sujet semble donc par nature inépuisable. Avez-vous prévu de mettre un terme à cette série ou constitue-t-elle un fil rouge dans votre carrière de photographe ?

Votre appréciation me touche beaucoup ! Ce sujet semble effectivement inépuisable mais le piège est de produire des images qui se ressemblent trop. Je ne compte pas m’arrêter, c’est effectivement un fil conducteur, mais je fais une « pause ». Je travaille actuellement sur des superpositions de 3 images prises en 1 seconde en mode rafale, pour conserver l’instantané d’une photo, puis développement en N&B, mais j’ai peu de réussite, il faut que je travaille.

// Y-a-t-il une exposition ou un livre prévu autour de cette série ? Un site web dans lequel nous pourrions errer comme vous l’avez-fait avant nous pour ramener ces images ?

Trois de mes images font partie de l’exposition collective « Un Fovéon à Paris » et j’expose à Orléans trois semaines du 31 mars au 21 avril à la librairie « Passion Culture » d’Orléans. Justement toute la série sur les vitrines. Quant à la publication d’un livre, je ne sais pas si un éditeur pourrait être intéressé… ? Toutes mes photos sont visibles ici : http://pilou45000.blogspot.fr/ ou sur ma page Facebook :https://www.facebook.com/messagedelalumiere.orleans


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