CLUB FOVEON #1 | Pauline CHARDIN

08. septembre 2014 Club Foveon 0
CLUB FOVEON #1 | Pauline CHARDIN

Se plonger dans les archives de Pauline, et son site web The Voyageur, c’est l’assurance d’y passer des heures pour à la fin n’avoir envie plus que d’une chose : faire ses bagages et partir à la découverte du monde avec son boîtier. Son boîtier à elle c’est le dp2 Quattro. Un boîtier et sa focale fixe de 45mm qui l’accompagnent tout autour du globe à la recherche de détails, sensations olfactives et visuelles qu’elle accumule pour former un ensemble loin des sentiers de la photographie de voyage.

 

// Bonjour Pauline. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour nos internautes ? Comment êtes-vous venue à la photographie ?

Je travaille dans la mode à Paris depuis près de dix ans et voyage régulièrement depuis presque aussi longtemps. Je fais un métier ou la communication par l’image est primordiale. Je dirais que la photo s’est naturellement imposée à moi comme un outil précieux, puisqu’il me fallait retranscrire, sublimer ce que je trouvais inspirant. Je prends des photos depuis longtemps, mais c’est seulement l’année dernière que j’ai décidé de leur donner un vrai cadre avec mon blog The Voyageur.

// Quelles sont vos influences artistiques ?

Très vaste sujet ! Je dirais que parmi les choses auxquelles je reviens tout le temps il y a le cinéma, l’art et l’architecture des années 30 (Lubitsch, De Chirico, Brancusi, Gio Ponti), l’Antiquité, les utopies modernistes (les case study houses en Californie, Chandigarh, le Bauhaus…), la Polynésie de Gauguin, le cinéma de Robert Altman et de Fellini, la science-fiction des années 80, le mélange entre art et artisanat et le Moyen-Orient. Mon récent voyage au Japon a aussi redoublé mon intérêt pour la culture japonaise !

// Vous travaillez avec un compact DP2 Merrill, quelles sont les principales qualités de ce boîtier qui vous ont amené à l’utiliser en voyage ?

Mon choix s’est porté sur le capteur Foveon avec un DP1 il y a quelques années, quand je cherchais un numérique avec “de la personnalité”, avec un rendu qui ne ressemblait à aucun autre. Entre temps je suis passée au DP2 Merrill et j’aurais bien du mal à renoncer à ce capteur bien particulier. J’aime l’idée que ce soit un boîtier avec des contraintes, qu’il faut savoir dompter pour en obtenir le maximum. Créativement ça me semble plus riche que l’absolue polyvalence d’un DSLR. J’apprécie aussi le minimalisme presque austère du design du boîtier.

// On note un attachement aux détails dans vos images. Des détails qui ramènent aux sensations olfactives ou visuelles qui perdurent plusieurs années après un voyage. Pouvez-vous nous en dire plus sur la réalisation de ces souvenirs qui semblent emprunts de nostalgie dès la prise de vue ?

Je suis séduite par ce que ces détails ont de plus abstrait, comme des dessins ou des peintures. Pour moi c’est aussi tirer parti d’un des grands pouvoir de la photo qui est d’isoler certains éléments et d’ainsi pouvoir recomposer une autre histoire qu’elle soit onirique, contemplative ou graphique.

// Il y a rarement une présence humaine sur vos photos. Le voyage serait-il une expérience contemplative qui se vit seul ?

Le premier élément de réponse serait que je fuis les foules au maximum quand je voyage, mais la réalité c’est aussi que je passe des heures à regarder les gens passer mais que je peine à dépasser une gêne à les photographier! Je crois que c’est aussi parce que c’est pour moi plus le territoire de mon mari, qui lui fait vraiment de la street photography avecthisisnotatie.tumblr.com, il faut avoir une certaine audace pour photographier des inconnus! Cela étant dit j’ai photographié beaucoup plus de sujets “humains” au Japon, où j’ai eu le sentiment que c’était beaucoup mieux toléré.

// C’est grâce à votre blog que nous vous avons découvert, avez-vous envie d’autres supports dits « traditionnels ». Nous pensons à une exposition ou à l’édition d’un livre ou d’une série de fanzines.

Je travaille tellement sur écran qu’on peut dire que je ne suis pas obsédée par la concrétisation “par le papier”. Je suis beaucoup plus stimulée par la perspective de collaborations que de reproduire le même contenu sur différents supports.

Merci beaucoup pour vos réponses ! Les internautes qui souhaiteraient en savoir plus peuvent continuer le voyage sur votre blog : http://thevoyageur.net/


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